— Ma demeure, fit-il, tourné vers ses hôtes et étendant le bras.

Suivant son geste, dans les entrelacs d’une exubérante végétation où se confondaient les plantes de tous les climats, aloès, cactus, plantes tropicales épineuses et charnues, cocotiers, goyaviers, arbres à pain, bois de rose et de santal, et jusqu’à des pins parasols qui rappelèrent à Helven les soirs sur le Pincio, ils distinguèrent, ombragé de palmes, un édifice aux larges bases, formant une masse sombre et rougeoyante par endroits, adossé à un rocher de granit rouge, veiné de vert.

— Venez, dit Van den Brooks, vous serez les bienvenus.

Il prirent alors une allée, pavée de lave grise, bordée de cactus, de figuiers de Barbarie et de palmiers, qui les conduisit au bas du large perron qu’ornaient des rampes en corail.

— Quelle délicieuse résidence ! murmurait le professeur, les yeux écarquillés derrière son binocle.

L’Hindou qui avait disparu quelques instants se montra au sommet de l’escalier et se prosterna, tandis que Van den Brooks et ses hôtes gravissaient les degrés.

L’édifice s’étendait sur une grande largeur, ceint d’un péristyle fait de piliers en bois de teck qui supportaient un toit recouvert de feuilles de palmiers.

— Il ne pleut jamais dans mon île, dit le marchand. Seule, une rosée nocturne, abondante, donne à ce sol son admirable fécondité.

La porte massive et ronde s’ouvrait sur une sorte de vestibule d’où l’on apercevait un patio rustique, au milieu duquel fusait un jet d’eau. D’énormes jarres d’argile jaillissaient des arums aux pétales de cuir blanc et parfumé, des sortes de digitales bleues, et aussi les gerbes pourpres de l’île. Sur le seuil de la maison veillaient deux gigantesques fétiches d’ébène au masque laqué de rouge.

Dans le vestibule, les serviteurs, pour la plupart des naturels vêtus de cette curieuse soie végétale, fort douce à toucher, que les voyageurs avaient déjà remarquée, se trouvaient réunis. Ils se prosternèrent, puis, sur l’ordre du maître, s’apprêtèrent à conduire les hôtes à leurs appartements.