Ils se levèrent. Chacun rentra dans son appartement où deux servantes d’une grande beauté et de manières douces et indolentes leur préparèrent un bain très chaud, à la mode japonaise…


Sous le soleil matinal, l’île, couverte de rosée, étincelait comme un diamant. Levés dès l’aube, Helven et Leminhac partirent en excursion, escortés par l’Hindou que Van den Brooks leur avait assigné pour guide.

La résidence du marchand avait été construite dans un endroit solitaire ; autour d’elle, disséminées dans les arbres, on ne voyait que quelques cases, sans doute habitées par les serviteurs.

Les passagers prirent un sentier encaissé entre des rochers et au bord duquel coulait un torrent. Ils arrivèrent ainsi au sommet d’une colline d’où l’immensité du Grand Océan s’offrit à leurs regards. Ils purent aussi considérer le panorama de l’île étendue à leurs pieds.

— Elle a vraiment la forme d’une harpe, dit Helven. Mme Erikow avait raison.

Devant eux émergeait la tête creuse et noire du volcan, qui paraissait plus sinistre et plus désolé, dominant l’ondulation des feuillages innombrables.

Des colombes au plumage feu volaient au-dessus de leurs têtes. Quelques-unes se posèrent près des étrangers et elles étaient si peu craintives qu’Helven put en caresser une.

— Ces innocentes créatures, dit Leminhac, ne nous connaissent pas encore. C’est pourquoi elles sont si confiantes.

Sur l’autre versant de la colline s’étageait un village entouré de vergers. Les maisons, recouvertes de feuilles de palmier, étaient basses, mais d’aspect riant. Curieux de voir de plus près les naturels, Helven et Leminhac s’acheminèrent à travers bois, précédés par leur guide. Le son bizarre et aigu d’un instrument de musique les arrêta à la lisière ; ils contemplèrent alors quelques instants, dissimulés derrière les troncs, un spectacle gracieux.