— Quant à moi, éclata Marie, j’ai assez de tous ces sauvages et il y a au moins quinze jours que je n’ai pas lu les articles de M. Capus et le New-York Herald. Je veux partir.
Helven ne dit rien, car il était déjà sorti. Quand il revint, il trouva tout son monde sommeillant sur les fauteuils du patio et Leminhac occupé à une réussite. Le jet d’eau, irisé par un rayon de soleil, flottait semblable à une crinière d’arc-en-ciel.
Le peintre secoua ses amis.
— Get up. Le sommeil ne vaut rien pour la digestion. Leminhac, mon cher, si vous voulez savoir l’avenir, mieux vaut venir tirer un horoscope sur le sable de la plage.
— Je crois, ajouta-t-il, qu’une promenade nous est absolument né-ces-sai-re.
Il articula ces mots à voix basse, mais si nettement que les trois autres le regardèrent, surpris, et le suivirent.
— Qu’y a-t-il ? demanda Marie.
Helven attendit que l’on se fût éloigné à bonne distance de la maison. Quand ils se trouvèrent sur la plage nue, sûrs de ne point être épiés, le peintre dit :
— Le Cormoran a quitté son mouillage. Le Cormoran n’est plus ici.
— Sinistre plaisanterie, grogna l’avocat.