Et l’Hindou rabattit sur le Maître la lourde portière ramagée de fleurs et d’oiseaux des Iles.
QUATRIÈME PARTIE
LA TRAVERSÉE S’ACHÈVE
CHAPITRE XXII
Où il est question de la concupiscence chez les personnes de couleur, de ses rapports avec l’odorat et aussi d’un passage secret et d’une porte de fer.
Le Cormoran avait bien levé l’ancre. Qu’il se dirigeât ou non vers Sumatra, comme le prétendait Van den Brooks, c’est là une question à laquelle, seul, le capitaine Halifax pourrait répondre et, pour le moment, le voici dans sa cabine, en chandail de laine bleue, la joue gonflée d’une chique. Halifax-le-Borgne prend ses aises, maintenant qu’il n’a plus à son bord « ces bougres de terriens » et qu’il est seul avec le ciel, la mer, son bon navire et quelques coquins dont l’eau salée est l’élément naturel. « Où va le Cormoran, capitaine ? » Le capitaine n’a cure de nous répondre et il mastique une savoureuse tranche de tabac. Ce n’est pas Halifax qui vendra son maître.
On frappe à la porte — deux coups secs.
— Entrez, bosseman, qu’y a-t-il ?
— Il manque un homme à l’appel, capitaine.
— Lequel ?
— Tommy Hogshead. Le gaillard a filé cette nuit. Il est parti sur un canot du bord, emportant un tonnelet de rhum, des biscuits et quelques boîtes de conserves.
— A dieu vat, dit philosophiquement Halifax. Il n’ira pas loin. Et ce n’est pas une grande perte que nous faisons là. Merci, bosseman.