Marie parvint la dernière à l’orifice, se traînant péniblement sur les genoux. Quand elle aperçut les étoiles et l’eau mouvante devant elle, elle rendit grâces à Dieu. Mais un souffle rauque la fit retourner. Cette fois-ci, ce n’était pas une illusion. Elle vit dans les ténèbres du boyau luire les yeux blancs qui avaient hanté ses songes.

— Le nègre !

La brute couchée tout de son long sur les lichens humides rampait vers elle. Déjà sa lourde main se tendait pour la saisir. On eût dit d’un reptile monstrueux, la bouche entr’ouverte sur l’éclair livide des dents.

Elle bondit. La nuit la happa. Elle était sauve.

Se retournant brusquement, elle tira la grille vers elle au moment précis où Tommy Hogshead empoignait les barreaux.

La tête hideuse du nègre ricanait derrière cette cage.

— Tant pis pour lui, pensa-t-elle.

Sa main ne trembla pas.

Un claquement sec. Un peu de cervelle éclaboussa le roc. La tête s’affaissa sur les barres, les yeux demeurèrent fixes et blancs, ouverts sur l’immensité.