Marie Erikow sortait de sa cabine. Elle était dans toute la fraîcheur du matin, après une nuit de repos que le roulis, léger d’ailleurs, du navire, n’avait pas troublé.

— Bonjour, fit-elle. Je suis matinale. Félicitez-moi.

— Il est près de midi, dit Van den Brooks. Nous vous félicitons.

— C’est la pleine mer, n’est-ce pas ? J’ai vu de mon hublot la ligne bleue qui monte et descend. Mon Dieu, comme nous sommes loin de tout !

— N’est-ce pas une belle sensation, dit Van den Brooks, que de se sentir seul et maître de sa destinée ?

— Oui, dit-elle. Mais c’est vous qui êtes maître de la nôtre.

— Rassurez-vous : j’en ferai bon usage. A tout à l’heure, ajouta-t-il, pour le lunch.

Il s’éloigna, laissant la Russe et le peintre dans le grand salon dont le mobilier était en bois des Iles et d’un plaisant rococo portugais.

— Que pensez-vous de notre hôte ? demanda Marie.