— Hélas ! Madame, c’est une triste chose : le journal d’un homme qui vécut une vie double et qui la vécut dans le déchirement.
— Il est mort ? fit la Russe.
— Il en est mort, oui, Madame.
Il y eut un silence ; puis, Marie Erikow reprit :
— Peut-on savoir quel fut son mal ?
— Je puis, dit le docteur, vous donner connaissance de quelques fragments de son journal où il a résumé les principaux épisodes d’une vie qui fut tragique. Mais cette lecture serait longue…
— Oh ! je vous en supplie, implora la Russe.
— Nous vous le demandons, ajouta Van den Brooks.
— Soit, mais je n’achèverai peut-être pas ce soir.
— On continuera demain, dit Helven. Les nuits sont propices aux veillées.