— Oh ! oh ! dit ironiquement Van den Brooks. J’ai beaucoup connu Sacher Masoch.

— Ce n’est pas tout à fait cela, dit le docteur. J’ai dans ma valise un document…

— Je connais le sujet, coupa Van den Brooks. Dans tout amour, il y a au fond le besoin de la souffrance et l’instinct de l’abaissement.

Sa voix résonna étrangement sous la voûte étoilée.

— D’avilissement, répéta-t-il. Peut-être même, à force de s’abaisser, arrive-t-on à aimer. Un homme supérieur n’aimera les hommes qu’en s’abaissant à leur niveau et la femme réduit au sien l’amant qu’elle tient sous son charme.

— Mais… dit le médecin.

— Ce n’est pas tout, en effet, reprit le marchand. Il y a des hommes pour qui la souffrance et la bassesse sont les conditions mêmes de l’amour.

— Hélas ! oui, dit Tramier ; je le sais maintenant. Mais je jurerais que, pour parler de la sorte, vous avez connu mon malheureux ami et client Florent Martin.

— Non, dit Van den Brooks, mais je connais les hommes.

— Peut-on, demanda Marie, connaître le document si intéressant que vous portez dans votre valise ?