— Vous peignez, madame, dis-je pour dissiper le malaise.
— Quelquefois. Une vraie barbouilleuse. Tenez, puisque vous êtes curieux.
Et elle m’introduit dans une rotonde, décorée encore de filets Louis XV, meublée d’une natte, d’un divan, d’un chevalet. La lumière vient d’un œil-de-bœuf. Une soierie orientale est drapée sur le mur. Quelques ébauches…
— Je vous en prie, me dit avec précipitation Mathilde, demandez à Jacques de ne pas exaspérer mon mari. Il est injuste envers lui. J’en souffre.
Je balbutie, sans oser la regarder :
— Oui… je lui dirai… je vous promets.
Machinalement, je froisse une rose, encore fraîche, oubliée sur la table… depuis quand ?
Jacques baise la main de Mathilde.
— Il est temps de rentrer. Au revoir, cousin Miromps ! Ah ! quelle poignée de main, cousin ! Décidément vous êtes trop fort. Ha, ha !
Sur le crépuscule de mai, les cariatides ouvrent leurs prunelles aveugles. Lortal sifflote. Un chaland fleuri de géraniums glisse sur la rivière. La cloche de Saint-Julien tinte au haut de la colline. Nous hâtons le pas, silencieux.