« — Rien n’est perdu, — dit le Basque. — Nous allons pratiquer des sondages dans la paroi. Nous trouverons une issue. Au travail !
« Les sondages furent vains… Titubants comme un bétail aveugle, les hommes se couchèrent. Quelques-uns fumaient. Une odeur d’alcool traîna dans l’ombre. Nous étions douze hommes, douze rats pris au piège, à la trappe. Rien à faire qu’à se briser la tête contre les murs. Demain, ces hommes ivres de désespoir s’entr’égorgeraient.
« Les dernières torches s’éteignaient. Bientôt nous serions à court de lumière. L’agonie commençait.
« Un homme pris de folie, hurla. Un malheureux rôdait le long de la paroi et la flairait, comme un chien, dans un terrier.
« Je mis mon visage à l’étroite fente du rocher. Des étoiles palpitaient dans le chaos.
« Il n’y avait plus qu’une torche.
« Des mineurs avaient bu. Ils dormaient, en dépit de tout, assommés.
« — Voleur ! — hurla une voix.
« Dans la pénombre une lutte, des coups étouffés, des lueurs d’acier. Le Basque sépara deux acharnés. L’un accusait l’autre d’avoir volé son or pendant son sommeil…
« — Imbéciles ! Idiots ! — cria le Basque d’une voix tonnante, — il n’y a pas d’or ici, pas une once d’or ! Des cailloux seulement, des cailloux et de la terre pour vous ensevelir, vous m’entendez !