L'ennemi, monsieur le maréchal, continue à pousser le maréchal Ney, qui se retire aujourd'hui sur Deppen; lorsque le maréchal Ney sera obligé de quitter cette position, ce qui vraisemblablement sera au plus tard ce soir ou demain matin; il se portera vers Kl'-Luzeinen entre les lacs de Narienzel et de Mahrung, où il pourra tenir quelque temps. L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que vous vous portiez pour défendre le passage d'Alt-Ramten. Vous dirigerez vos blessés et tous vos embarras sur Marienwerder; quant à ce qui sera dirigé sur Thorn, vous aurez soin de faire suivre la route par Bishofswerder et non par Strasbourg.
Quand le maréchal Ney évacuera la position de Kl'-Luzeinen entre les lacs, il se portera sur la position en avant de Liebmühl; alors dans celle d'Osterode, vous serez près de lui.
En définitive, monsieur le maréchal, le projet de l'empereur est de se réunir à Saalfeld, et de prendre position entre les lacs de Roethlof, Bodilten, etc.; enfin, de livrer bataille sur Saalfeld y où S. M. se rendra ce soir, et où vous pourrez adresser vos lettres.
Dans la situation des choses, vous ne correspondez ni assez souvent ni assez en détail. Vous devez sentir assez combien les moindres circonstances sont importantes.
Faites attention, monsieur le maréchal, que vous êtes à Allenstein, plus loin d'Osterode que n'en est l'ennemi.
Pour les choses importantes, écrivez-moi en double à Saalfeld et à Mohrungen, où il est possible que l'empereur se rende cette nuit. La masse de vos forces doit être sur Osterode; vous pouvez donc évacuer Allenstein, qui n'est plus bon à rien. La division Grouchy et celle du général Milhaud se rendent à Gilgenbourg.
Comme à trois heures du matin, quand vous avez écrit à l'empereur, vous ne saviez pas que Guttstadt avait été évacué, S. M. pense que, quand vous en aurez été instruit, vous n'aurez pas fait votre mouvement sur Allenstein.
Prévenez le général Zayoushek qu'il doit se rendre doucement à Gilgenbourg.
Finckenstein, le 6 juin 1807, six heures et demie du soir.
ordre au maréchal mortier.