au général commandant provisoirement le premier corps.
Tout porte à croire que d'ici à peu de jours nous aurons une grande bataille. L'empereur dans ce moment réunit toutes ses forces; il faut disposer la division du général Dupont de manière à ce qu'elle puisse promptement se reployer, soit sur Spandeim, soit sur Mulhausen, pour, suivant les circonstances, participer aux opérations. Si on évacue Braunsberg, il faut avoir soin de prévenir le commandant d'Elbing. Nous n'avons pas reçu aujourd'hui de nouvelles du premier corps, ni de celui du maréchal Soult; ce qui fait supposer qu'il n'y a rien de nouveau. Le maréchal Ney est sur Deppen, ayant devant lui les principales forces de l'armée. L'empereur sera cette nuit à Saalfeld, où commencent à se réunir la cavalerie et l'infanterie de la réserve. Peut-être dans la nuit Sa Majesté sera-t-elle à Mohrungen.
Finckenstein, le 6 juin 1807, huit heures du soir.
au général commandant le blocus de grandentz.
Mettez-vous en mesure, général; l'ennemi est à la hauteur de Guttstadt et de Deppen, et longe l'Alle sans doute pour aller au secours de Grandentz. Il est possible que d'ici à deux ou trois jours il jette des partis de Cosaques jusque là; il faut donc former des colonnes de vos meilleures troupes pour prendre position sur les chemins qui peuvent aboutir à Grandentz. La moindre infanterie est suffisante pour en imposer à ces gens-là. Il est donc convenable de se tenir sur ses gardes. La grande armée est en mouvement pour tomber sur l'ennemi, le déborder, et le jeter sur la Vistule. Si jamais un corps plus fort tombait sur la division assiégeante, elle doit se retirer sur Marienbourg et sur Marienwerder. Mais cela n'est pas probable. Ne prenez pas l'alarme pour quelques Cosaques ou quelques piquets de cavalerie.
Mohrungen, le 7 juin 1807, six heures du soir.
à monsieur le maréchal davoust.
Je reçois, M. le maréchal, la lettre de M. le général Hervo, en date d'Osterode le 7 juin. Sa Majesté trouve la position de votre armée très-bonne; la division Friant à Alt-Ramten et Locken, celle du général Morand à Landgat, et enfin celle du général Gudin à Detternvald; à moins d'événemens extraordinaires, ces divisions peuvent rester dans leur position à attendre les ordres de l'empereur; de votre personne il n'y a aucun inconvénient à ce que vous soyez à Osterode, s'il y a un poste intermédiaire qui puisse vous porter rapidement les ordres de Sa Majesté. L'empereur pense que vous avez fait avancer vos divisions de dragons; donnez-moi trois fois par jour de vos nouvelles.
Au bivouac de Deppen, le 7 juin, onze heures du soir.
à monsieur le maréchal soult.