(Note de l'Éditeur.)
[22] Quelque temps après cette époque, le comte de Narbonne fut nommé à l'ambassade de Vienne, et devint l'un des hommes les mieux traités par Bonaparte. Que lui importait l'attachement, le dévouement des personnes qu'il employait? Il savait qu'il ne les obtiendrait jamais; mais il aimait la flatterie des anciens courtisans, parce qu'elle était plus adroite que celle des nouveaux.
(Note de madame—-.)
[23] Il y a là, pour le moins, une grande erreur. L'empereur savait se faire aimer, et il était aimé en effet de toutes les personnes de son service. Je crois en avoir fourni plus d'une preuve dans mes Mémoires. De tous ses anciens serviteurs j'ose affirmer qu'il n'en est pas un seul qui voulût me donner un démenti sur ce point. Que l'empereur n'ait pas été aimé de ses courtisans, cela est possible. Avec une puissance comme la sienne, on fait encore plus d'ingrats que d'heureux; et la reconnaissance des gens de cour est proverbiale. Mais fallait-il en faire un sujet de reproche contre Sa Majesté?
(Note de Constant.)
[24] Comment ne pas s'étonner qu'il paraisse étonnant à Madame*** que l'empereur aimât assez son honneur et sa femme pour être jaloux de l'un et de l'autre? la république et l'amour du pouvoir n'avaient rien à faire là-dedans.
(Note de Constant.)
[25] Qu'importe que l'empereur se mît au courant de ce qui regardait les pays qu'il avait à parcourir une heure ou un an avant son audience? Toujours est-il qu'il s'y mettait. Et s'il apprenait cela par cœur, comment pouvait-il l'avoir oublié au bout d'une heure? Il l'oubliait si peu qu'il marquait généreusement son passage par des bienfaits et des améliorations qui attestaient sa parfaite connaissance des localités.
(Note de Constant)
[26] Il n'était pas plus d'usage dans l'ancienne cour que dans la nouvelle qu'on osât adresser la parole au souverain, sans en être interrogé.