— Un courant d’air… Un courant d’air qui n’aurait pas tenu devant la confiance de son peuple entier… Vous n’avez pas laissé deviner au peuple que son bonheur dépendait de la fin et que, l’ambition satisfaite, le génie épanoui, la sérénité règnerait…
— Qu’aurait-il fait ?… Une folie nouvelle sur la mer…
— Si je savais ce qu’il aurait fait, je ne serais pas celui que je suis… Ah ! un aigle ! qu’on me donne un aigle !
Nanni fait un sourire tourmenté.
— Des aigles, des centaines d’aigles, des milliers d’aigles… Vous les avez, général, et vous les jetez sur leur proie…
— Il faut, dit le général, un aigle qu’on ne jette pas… qui se jette !
— Vous y avez pensé quelquefois ? demande Nanni en frémissant… vous avez attendu ?
Le général le regarde :
— Votre pensée n’est pas celle qu’il faut, implacable… C’est un peu de désordre au fond de vos yeux qui me fait douter de vous… Ah ! comme vous avez le visage qu’il faut !… Pourquoi cette flamme anormale dans les yeux ?… Pourquoi ce cri de votre regard est-il par moments un bavardage ?
Cardiette raille.