— Vous êtes invisible ? dit-il. Voilà une heure que je vous cherche.

Il me prend par le bras et m’entraîne vers un petit foyer orné de divans et de tapis rouges. Personne. Si. Devant la psyché, une petite chanteuse comique, célèbre depuis longtemps, se farde « à la poupée ». Elle ne nous voit même pas et s’en va bientôt, pour guetter son entrée.

Cobral est très à son aise, bien entendu. Mais je me suis juré qu’il ne s’en tirerait pas, cette fois, par ses divagations de vieux diable d’opérette.

— Vous êtes un enfant, commence-t-il.

— Bah !

— Vous êtes un enfant, je ne puis trop le répéter. Quelle est cette figure que vous avez faite en sortant du salon de Mme de Hocques ?

— Alors je devais trouver naturel ?…

— Surtout ne me parlez pas de ce qui est naturel. C’est un de ces mots que je ne puis souffrir. Avouez d’abord que, grâce à moi, vous avez tâté d’un fameux déjeuner ?

— Et avouez, vous…

— Et avouez encore qu’on a tenu des propos amusants ? Vous ne me reprocherez pas de me vanter. Car mon rôle dans le menu a été simplement inférieur. Et dans la conversation, il a été nul.