— A l’Exigeant. Il est quatre heures. Vous m’avez promis de me conduire à l’Exigeant. J’ai bien peur que nous n’y trouvions plus personne. Venez.
Il me pousse vers le plateau.
La salle crie de joie vers la cantatrice qui a chanté tout son répertoire de guerre dans un bon nombre de langues.
Le régisseur annonce : « Mademoiselle Pretty Pray ».
Et voilà Sainte dans la lumière nue de la rampe. Son petit tailleur la fait plus minuscule encore. Mais sa voix sonne, décidée.
Je ne fais pas attention au titre. Cobral ne quitte pas du regard sa montre qu’il tient à la main.
Sainte dit :
« Au nom du peuple de Paris, au nom du peuple Français, au nom de la terre et des hommes de toute la terre… »
— C’est en prose, me souffle Cobral.
… « Je déclare que l’heure du calme est venue et que demain les êtres ne se tueront plus. La paix universelle sera signée, je le jure, avant le prochain midi… »