— Et des crimes aussi à votre service ! Que diriez-vous si l’on faisait disparaître le chef de nos armées et le porte-parole du parlement ?

— Ah ! je dirais que c’est impossible. Ne pensons pas à cette honte. Il faut au contraire que je les sente tendus de tout leur effort pour me risquer dans cette audace qui ne fera que décider la déroute de l’ennemi.

— N’en parlons pas. Alors faut-il parler d’un manifeste que toute la presse répandrait dans Paris et par la France, signifiant à la nation que ses chefs l’abandonnent et que ses soldats ne seront pas menés à la victoire ?

— Le peuple se soulèverait. Mais l’ennemi aurait profité déjà de ces désertions, et ce serait la débandade sanglante. Cela ne peut être.

— Un journal paraît dans un quart d’heure avec le manifeste que j’ai dit.

— Un journal ? Quel journal ?

— L’Exigeant.

— Vous êtes fou. Qui a permis cela ? Qui a osé cela ?

— Cobral.

— C’est lui ? C’est lui qui tout à l’heure allait à l’Exigeant ?