— Nous boirons à la maison, dit-il, comme je vais parler… Je crois qu’il y a des biscuits et des conserves…

Il baille. Un genre de rugissement taciturne.

— J’ai faim, moi aussi, soupire-t-il.

Si je n’étais si volontiers maître de moi, je serais exaspéré devant ce calme où il y a de l’ironie.

Pourtant je crie :

— A la fin des fins, voulez-vous parler, Cobral ?

— Tant qu’il vous plaira. Sur quel sujet ?

— Je vous donne ma parole d’honneur que cette farce a trop duré. Si je n’ai pas d’explication raisonnable dans une minute, je vous affirme que je vous lâche.

— Essayez.

Je sors un petit revolver de ma poche, un joli petit revolver qui fait plaisir à voir. Plaisir ? Non. Qui me fait de la peine, parce que c’est un souvenir. Mais en ce moment je ne pense pas à celle qui me l’envoya dans un coffret à bijoux, un jour que découragé de… Bon, je suis guéri et la petite arme est remarquable.