Je veux savoir.

— Que voulez-vous de moi, Cobral ?

— Hein ? — comme s’il tombait d’un rêve extraordinaire — mais je vous l’ai dit, mon cher.

— Cobral, ne vous moquez pas de moi. Il suffit que vous m’ayez fait lever à cette heure inepte. Je ne l’admets que si je vous suis utile ou nécessaire.

— Vous m’êtes nécessaire. Quelle question !

Il se frappe le front d’un geste quasi comique :

— N’oublions pas le whisky.

— Me direz-vous ?…

— Chut… Laissez-moi retrouver la boutique… Ah ! c’est là… Stop, Harry !

Halte devant une espèce d’épicerie aux volets hermétiques et sans lumières. Cobral donne un coup de poing sur la porte. Agitation à l’intérieur. Une tête à la fenêtre du premier. On parlemente. La porte s’ouvre. Cobral revient, s’assied et m’expose deux bouteilles de whisky. Ce sont de grands crûs. L’auto file. Tout cela a duré moins de deux minutes.