— J’ai sommeil.
Il hausse les épaules.
J’ajoute :
— J’ai faim.
Il rit et m’accorde, moqueur :
— Nous allons boire.
Quel est ce chemin que nous suivons ? Je pense avoir reconnu la rue de Châteaudun puis une masse vaguement éclairée : la gare du Nord, peut-être. La voiture a tourné brusquement, passé sous un pont du métro et ce sont les fortifications. Un arrêt. Cobral s’impatiente. Départ.
— Tout droit ? demande le chauffeur qui s’est retourné.
C’est un nègre, tout jeune, aux yeux tristes. Je dis que ses yeux sont tristes, mais c’est peut-être une imagination.
— Tout droit, approuve son maître, comme hier.