Un peu trop froid cependant. Mais Cobral me passe une couverture doublée d’hermine, tout à fait suave.
La voiture est découverte, sans une glace pour nous garantir. Voiture de course, de course et de luxe, et elle file, silencieuse, prudente, folle, avec ce paradoxe d’audace intelligente qui marque les félins. Blanche, à ce qu’il m’a paru, blanche comme un yacht de plaisir, et dans cette ombre matinale je retrouve d’anciennes impressions nocturnes de départ pour la pêche au large. Suis-je éveillé réellement ?
Cobral est enterré dans sa rêverie.
J’ai sommeil, j’ai faim et j’ai froid.
— Cobral…
Il sursaute et me regarde.
— Cobral, expliquez-moi…
Il sourit :
— Si vous avez froid, il y a encore un manteau.
Je proteste que je n’ai pas froid. Mais j’ose dire :