— Où dînez-vous ? s’enquiert-elle.

— Chez Pottier sans doute, près d’ici. Pour toute sûreté, je dirai au chasseur de nous suivre et vous viendrez le lui demander dans une heure.

— Bravo ! dit Sainte que je n’ai jamais vue si joyeuse. Je vais tendre les filets.

Elle va sortir.

Elle revient et se tient devant Nanni. Il l’a vue venir à lui comme s’il recevait un coup terrible dans la poitrine. Comme il l’aime ! Comme ils sont beaux !

Anéanti de son amour et de son émoi, il s’assied, pâle. Ses cheveux ne cachent pas son front où je ne vois plus le tourment. Je ne sais peut-être plus le voir.

Sainte prend la tête de Nanni entre ses mains, essaie de rire, et comme elle va pleurer, écrase ardemment ses lèvres sur ce front.

Elle fuit sans se retourner.

Nanni se tait un moment, puis vite, se lève, va jusqu’à l’escalier, se penche et revient :

— Adieu.