— C’est un voleur de nos enthousiasmes. Mais nous lui avons donné notre silence. Nous pouvons lui demander qui il est. Il ne le dira pas.
— Il faut que quelqu’un le lui demande. Et cela par devant de solides agents de police. Comment espérer qu’une maladresse le livrera ?
Sainte nous écoute avec des yeux ronds de poule qui ne comprend pas et rit brusquement, interminablement :
— Vous êtes deux imbéciles, dit-elle. Je trouve vos cas de conscience bien idiots, je vous le jure, et vous avez de la chance que je sois là.
— Que ferez-vous de plus ?
— J’irai chercher le commissaire de police du quartier. J’en profiterai pour expliquer décemment le scandale du Trocadéro, où ma réputation a dû recevoir une belle gifle.
— Vous allez dénoncer ?
— Avec joie. Votre monteur de complications a une odeur d’espion qui fixe son avenir. Je vais de ce pas m’occuper de lui.
— Eh bien, elle a raison, dit Nanni. Allez, Sainte. Cobral ne doit pas vous retrouver ici.
Je n’aime pas que Nanni encourage si facilement Sainte dans cette voie que les circonstances excusent, mais qui est un peu amère pour des goûts délicats. Il a l’air pressé qu’elle parte.