— Nanni, quelqu’un nous menace. Pensez-y.

— Eh bien, dit-il, Cobral viendra ici. Ne devons-nous pas dîner ensemble ?

— Je ne vous dirai pas de l’éviter. Il faut le voir, au contraire. Mais il a compromis votre tâche. Il a ébauché une catastrophe. Qui sait de quoi il est capable ? Il y aura un malheur ce soir si cet homme est libre.

— Où est-il ? dit Nanni. On ne peut l’arrêter.

— Dans un instant, il sera ici.

— C’est vrai, mais personne ne saura qu’il s’y trouve. On ne l’arrêtera pas.

Nous nous taisons. Nanni guette mes paroles.

— Je vois, Nanni, que vous avez un scrupule pareil au mien.

— Je le tuerais volontiers, dit Nanni, mais c’est moi qu’on arrêterait et ce serait du temps perdu. Ne croyez-vous pas qu’on puisse attendre à demain ?

— Eh ! malheureux, vous ne sentez pas que votre départ du Bourget peut être empêché s’il le veut ?