Dix-neuf heures vingt.

— Vous êtes seul ? Où est Nanni ?

J’ai grand’peine à ne pas rire au nez de Cobral. Ce n’est plus le maître. C’est une bête traquée par l’inquiétude.

— Nanni est parti. Sous prétexte de dîner plus vite et d’aller aussitôt visiter son appareil. Sans doute une rencontre féminine l’aura séduit avant le départ.

Cobral sifflote pour distraire sa préoccupation.

— Et non ! grommèle-t-il, je crois plutôt qu’il est allé à son appareil.

— Au fait, il n’y a pas à l’en blâmer. Qu’est-ce que cela vous fait ?

— Rien vraiment, dit Cobral trop vite. Cela ne me fait rien.

— Comme vous êtes propre ! voudrez-vous de ma compagnie ? J’ai sur moi toute la boue du champ d’aviation.

Il est impeccable. Je l’impatiente. Ou bien il est si tourmenté qu’il sera mécontent de toute chose.