— Et alors ?
Sans arme, je suis bien plus fort et il se laisse faire :
— Mon petit, ne vous mettez pas en colère. Je vous dis que j’ai besoin de vous et que je vous mêle à un événement prodigieux. Je vous l’ai annoncé d’une manière un peu sommaire, vraie pourtant.
— Pour qui me prenez-vous ?
— Accordez-moi cinq minutes. Je vous dirai tout ce qu’il faut. Vous n’irez même pas au bout du monde comme vous l’avez fait quelquefois. Je vous emmène à onze kilomètres de Paris. Et je vous promets de vous rendre à Paris dans une heure.
— Ayez des secrets si vous voulez, mais je ne vois pas ce que je fais là-dedans.
— Enfant, on vous dit que vous aurez l’honneur de terminer la grande guerre par la grande paix, et il vous faut des douceurs par-dessus le marché.
— Vous imaginez que je vais-croire ?…
— Vous n’avez rien à croire, vous n’avez qu’à savoir, et s’il faut agir, on vous le dira. C’est tout. Je consens à vous avouer que le bonheur des hommes m’importe avant toute chose, et que la guerre ne réalise pas, selon moi, ce bonheur. C’est pourquoi…
Ran !