Il n’a pas bougé, engoncé dans sa molle et fixe attitude de nonchalance. Pourquoi me donne-t-il l’impression d’aller et venir par la chambre ? Des éclats rauques mettent dans la musique de sa voix un halètement mystérieux. Est-ce ma fièvre que je lui prête ? Est-il dévoré par une fièvre plus impérieuse que la mienne ?
— Tu ne manges pas, Nanni ? Tu ne bois pas ?
Il répond à Cobral :
— Non, j’ai pris ce qu’il me faut.
Il hausse les épaules, rudement, comme s’il secouait une crinière, et me considère profondément.
Puis il regarde Cobral :
— Je suis content que ce soit lui.
Et il se tourne vers moi de nouveau.
— Vous serez heureux d’avoir vu cela… même… même…
Il hésite. Il frémit. Il tape du pied.