Derrière l’aéro ? Peut-être s’enquiert-il de ce qui m’a étonné. Que lui dira-t-on ? Nanni a, de son aveu, marqué l’initiale de son nom sur les ailes. Cobral n’en saura pas davantage. Eh quoi ! il le sait déjà. C’est un ami de Nanni, un habitué de la villa, et sans doute, du hangar. Pourquoi s’étonnerait-il lui aussi ? Un aviateur militaire a de droit l’insigne de l’aviation française. Et peut-être lui est-il permis de le signer ou de le chiffrer. Ce n’est que de la bravoure, cette identité voyante — et vue. Pardon, pardon, je n’ai pas dit qu’il fût aviateur militaire. Je ne le sais pas. Comment le dirais-je ? Peut-être même — que décider ? — n’est-il pas français ? Je vais trouver Cobral qui m’éclairera.
— Il est né en France et il est mobilisé.
Cobral me répond, qui était derrière moi. Ai-je exprimé à voix haute mon embarras ? Il répond à ma pensée. Il répond distraitement, sans quitter des yeux le biplan.
— Il est né en France.
Je dis vivement :
— En Corse ?
Cobral me regarde avec étonnement, puis s’occupe à nouveau de l’appareil. Lentement, il proteste.
— Non. Pas en Corse. En Touraine, je crois : je sais qu’il est né près de Paris. Pourquoi voulez-vous qu’il soit né en Corse ? C’est enfantin.
Il prend un journal dans la poche et le déploie. Il reprend.
— Son nom vous trompe. C’est qu’il est d’origine italienne. Il en est très fier, parce que sa famille est fière de son ascendance très purement latine. Son parrain lui a donné le prénom d’Ugo.