— Es-tu capable de ne pas te trahir ?

— Je ne me trahirai pas.

— Es-tu capable de ne pas souffrir ?

Nous marchons en silence. Nanni a sur les lèvres — comme elles sont pâles, ses lèvres ! — un pauvre sourire. Il voudrait donner un ton plaisant à ce qu’il dit. Il ne peut même pas parler.

Et puis, tous les muscles de l’âme tendus à le tuer, il répond tranquillement, comme s’excusant d’une distraction :

— Au fait, je ne souffrirai pas.

L’auto nous emporte vers Paris.

La mairie du Bourget porte huit heures et demie sur son horloge.

Neuf heures.

Cobral assiège la porte de Pretty aussi rudement que la mienne. Quelle catapulte ! Nanni et moi sommes encore dans l’ascenseur, et lui qui a monté l’escalier en quatre bonds, carillonne, carillonne comme il tirerait le canon.