Cette conversation me paraît bête et misérable. Nanni ferme à demi les yeux. Est-ce pour ne pas la voir ? Est-ce pour mieux la voir ? Elle est très belle, notre blonde Sainte, accoudée à l’oreiller ; si elle est plus belle encore dans le cœur fougueux de Nanni, comme elle doit être belle !
Elle se tait, agacée par le ton sournois de Cobral. Elle dit avec un peu d’aigreur :
— Cobral, vous êtes ennuyeux… si vous avez quelque chose à me demander, demandez.
— Que direz-vous tout à l’heure à la matinée du Trocadéro ? C’est au Trocadéro, n’est-ce pas ?
— Oh ! cet homme qui répond aux questions par des questions… Oui, c’est au Trocadéro…
— Merci… Quels poèmes direz-vous ?
— Je ne sais encore… Le programme porte : « Poèmes » par Mlle Pretty Pray.
— Poèmes de qui ?
— De quelqu’un qui me plaira… Si je savais qui me plaira d’ici la matinée, j’aurais un bonheur de première classe.
— En attendant, vous êtes nerveuse… Donc vous direz des vers…