— Vous venez de Londres ? Que c’est curieux !

Pourquoi ai-je dit cela ? Il n’y a pas de sens dans mes paroles.

Cobral va et vient par la pièce.

— Vous ne m’avez pas reconnu et vous êtes venu chez moi bien souvent… Vous avez pris une drogue pour dormir si absolument ? Moi je ne suis venu ici qu’une fois et je reconnais toutes choses.

Il regarde autour de lui avec des yeux de maître.

— Derrière cette porte, votre cabinet de travail. Vous n’y êtes jamais parce que vous travaillez très peu. Vous êtes un peu paresseux, et je sais que les journalistes travaillent n’importe où, n’importe comment et n’importe quand… Je ne m’explique pas, mon cher, pourquoi vous, journaliste, vous ne suivez pas les armées, celles d’Orient par exemple.

Je lui révèle :

— Je ne suis plus journaliste. C’est-à-dire que je ne suis attaché à aucun journal, en ce moment.

— Je le sais, autant qu’on peut le savoir, gronda-t-il. Serais-je venu si je ne le savais pas ?

Il plonge encore ses yeux dans les miens. C’est désagréable à un point qui ne se peut dire. Mais il se remet à sourire et à marcher.