Il s’arrête devant un petit meuble en marqueterie qui flanque mon chevet.
— Et ça, dit-il, me prouverait que vous n’êtes point un homme de cabinet. Il y a là-dedans le meilleur de vous-même et vous le tenez dans la chambre à coucher.
— Ce chiffonnier…
— Ce chiffonnier ignore les chiffons. Vous y consignez quelques manuscrits qui vous sont chers, inédits presque tous, des poèmes, des œuvres dramatiques…
— Des folies de jeunesse.
— Oui, vieillard trentenaire, de belles folies sans lesquelles je vous aimerais beaucoup moins. J’en ai fait de pareilles.
Il corrige, modeste :
— Pas aussi curieuses, à dire vrai, pas aussi curieuses.
Je me fâche presque :
— Vous parlez comme si vous aviez lu ces pages !