— C’est vu et pas à voir.

— Admettons, et Moquin le prend de plus haut, mais à la même heure, le généralissime continuera de gouverner ses généraux pour tendre un peu plus leurs muscles sur la barrière lourde du front. Le président de la République lui-même ne décidera pas ce poilu-là à quitter sa place ?

— Il l’a quittée.

— Quoi ? Ah oui, son voyage à Londres. Je parlais par images. Aussi bien je ne me trompais pas de beaucoup, et le généralissime sera au front ce soir ou demain matin.

— Non.

— J’irai jusqu’au bout de la plaisanterie. Le gouvernement renonce à la gloire, les généraux n’ont plus de chefs et sont découragés, et le peuple s’en moque. Et après ? La guerre ne sera pas finie.

— Nous allons la tuer, dit Nanni.

Et il répète, farouche :

— Nous allons la tuer…

— Alors, dit Moquin, il serait bon de tuer quelqu’un qui est plus difficile encore à persuader que vos parlementaires et vos soldats, un certain quelqu’un, bardé de chefs qu’il guide ou qui le guident. Peut-être qu’en supprimant celui-là et son nid suffocant, vous achèveriez votre œuvre folle.