—Ce que je veux dire, monsieur le capitaine, ce que je veux dire, fit-il d'une voix étranglée, c'est que je ne puis plus supporter ce que je vois depuis notre entrée en Belgique. Le crime et l'infamie suivent les pas de l'armée allemande. C'en est trop! Ce n'est pas pour cela que je suis au service de Sa Majesté l'empereur et roi et que j'ai le privilège de porter l'épée d'officier prussien.

—Ah çà, lieutenant Kœnig, devenez-vous fou? s'écria Kaiserkopf, rouge de colère.

—Non, monsieur le capitaine, je ne suis malheureusement pas fou. Je ne suis qu'écœuré, révolté, profondément blessé dans ma conscience d'homme et dans mon honneur de soldat.

Zum Teufel!... Ah! on voit bien que vous êtes de la province du Rhin, vous!... Potzdonnerwetter! Vous me dégoûtez. Vous n'êtes pas un véritable Prussien.

Kœnig devait être, en effet, originaire de Bonn ou de Coblence.

Il devint plus blême encore et reprit tout tremblant:

—Monsieur le capitaine Kaiserkopf...

—Cela suffit! Ne continuez pas sur ce ton! Quittez cette chambre!... Si vous n'êtes pas fou, vous êtes singulièrement agité... Allez vous coucher!

—Monsieur le capitaine Kaiserkopf...

—Taisez-vous!