—Kœnig!... sanglotais-je.
Sa faible respiration s'arrêta. J'écoutai. J'attendis. Elle ne reprit pas.
Et mon cœur s'arrêta aussi un instant dans ma poitrine. Je songeais avec épouvante qu'il était resté là ainsi toute la nuit, toute la nuit sans pouvoir mourir. Il avait souffert d'une souffrance atroce, il s'était tordu de douleur sur cette terre française toute la nuit, après s'être offert lui-même en sacrifice pour nos crimes, crucifié pour la vieille Allemagne.
Des brancardiers s'approchaient.
—Laissez-le en paix, dis-je. Je l'enterrerai moi-même là où il est mort.
—C'est un officier, monsieur l'aspirant. Nous devons l'emporter.
Ils l'enlevèrent.
Je l'embrassai sur le front et je suivis le corps en pleurant.