—Vous avez de la chance, me dit-il, le capitaine a été charmant pour vous.
—Diable! fis-je, qu'est-ce que c'est donc quand il n'est pas charmant!
—Je vous répète que vous avez fait bonne impression.
Je compris alors la tactique de Kœnig et pourquoi il avait tenu à assister à ma présentation, pour diriger sans en avoir l'air, et dans le sens qui pût m'être le plus favorable, cette périlleuse formalité. Je le remerciai vivement de son amitié.
—Et maintenant, proposai-je, il me semble qu'il serait temps de souper. Voulez-vous que nous allions au casino!
—Ce serait avec plaisir, fit Kœnig, mais depuis trois jours, mon cher, nous ne pouvons sortir de la caserne. Les officiers supérieurs seuls ont le droit d'aller en ville. On nous a aménagé une cantine dans la salle d'honneur des sous-officiers. C'est là que nous allons nous rendre.
En passant, nous entrâmes dans la chambrée numéro 35, qu'occupaient mes hommes.
—Fixe! cria le plus ancien en apercevant l'officier.
Aussitôt les sept ou huit soldats présents se précipitèrent chacun devant son armoire et s'immobilisèrent dans la position de front, les mains au pantalon.
—Combien d'hommes dans cette chambrée? interrogea Kœnig.