Facial resta abasourdi de ce début. Il se préparait à subir des attendrissements, des sanglots, une femme se jetant à ses pieds et demandant grâce, et voici qu'il la trouvait aussi calme que lui.

—Asseyez-vous, Madame, dit-il avec un geste vague.

Ils prirent place en face l'un de l'autre, séparés par une petite table.

—Je n'ai pas d'explication à vous donner, fit Pauline au bout d'un instant de silence, et je vous prie de ne pas en exiger de moi. Il doit vous être assez indifférent de savoir pourquoi et comment j'en suis venue à rompre les liens qui nous unissaient. Il est probable d'ailleurs que si je tentais de vous l'expliquer, vous ne me comprendriez pas. Veuillez donc ne considérer que les faits. Ils sont trop évidents pour que je songe à les nier ou à les atténuer. J'en assume la responsabilité.

Facial perdait pied. Il ne concevait pas que Pauline osât se présenter à lui autrement qu'en pécheresse repentante et accablée de honte.

—Ah! misérable femme! s'écria-t-il, oubliant d'un coup ses projets d'impassibilité.

—Ne le prenez pas sur ce ton, dit Pauline, je vous en supplie.

—Comment! Vous m'avez trompé, trahi, déshonoré, vous avez commis un crime épouvantable, vous voilà souillée, couverte de boue, et vous venez tranquillement m'annoncer que vous en assumez la responsabilité! Je crois bien que vous en assumez une de responsabilité, et effroyable! Les conséquences de votre faute seront terribles, terribles...

—Il est inutile de vous emporter: ce qui est fait est fait, et si c'était à refaire, je le referais. Veuillez me dire maintenant quelles sont vos intentions.

Facial la regardait effaré.