Une horrible lueur palpita dans l'esprit de Pauline. Son fils! son fils! Facial songeait à le lui enlever! Oh! c'était impossible! Quelle monstrueuse pensée venait de germer là tout à coup, si monstrueuse que pas un instant le soupçon que cela pût se produire ne lui était venu! La séparer de son fils! Ce forfait épouvantable serait-il permis? Non, non, elle se trompait, elle avait mal entendu! Son mari était un homme après tout: il n'allait pas voler un enfant à sa mère!
—Je veux mon fils! supplia-t-elle la tête pleine de vertige.
—Vous ne l'aurez pas.
Alors, en une abondance éperdue de paroles incohérentes, pleurant, défaillant, les mains frissonnantes, elle divagua:
—Vous n'avez pas formé l'infernal projet de m'arracher mon enfant! Ce n'est pas sérieux, ce n'est qu'une effroyable plaisanterie! Dites, dites que vous n'avez voulu que me faire peur! Je suis mère, moi, savez-vous bien? Ce serait me tuer que de m'ôter l'enfant que j'ai porté dans mon sein, que j'ai nourri, que j'ai élevé, qui est mon sang et ma vie! Oh! vous savez cela! Vous ne voudrez pas commettre un crime si infâme! Si vous avez jamais eu pour moi un sentiment qui ne fût pas de la haine, vous épargnerez la malheureuse qui a été votre femme, vous n'exercerez pas sur elle une atroce, une basse vengeance. Vous ne dites rien; vous attendez que je me sois mieux humiliée. Parlez, que dois-je faire pour vous fléchir? Oh! grâce! grâce! L'angoisse m'étreint à la gorge, ma voix se perd, les mots manquent à mon cœur...
C'était enfin la scène que Facial attendait et à laquelle il s'était préparé. Seulement, au lieu que ce fût la femme, c'était la mère qui criait grâce.
Il répondit durement:
—C'est trop tard: il fallait songer à cela avant.
Une nouvelle énergie galvanisa Pauline: