Elle s'arrêta, regardant toujours son mari. Mais celui-ci, après un premier choc de surprise, avait eu le temps de se remettre.

—Ah! par exemple! s'écria-t-il en riant insolemment, vous avez de l'imagination! Ma parole, à vous entendre, on dirait que c'est arrivé! Mais ça ne prend pas! Ça ne prend pas! Marcelin le fils de M. de Hartwald! Elle est bien bonne!

—Vous ne me croyez pas? fit Pauline bouleversée.

—Vous croire? Ah ça, pour qui me prenez-vous? Il est visible que vous venez d'inventer cette histoire de toutes pièces. C'est un mensonge, et qui plus est un mensonge ignoble. Ah! Madame, vous étiez déjà bien bas dans mon estime: vous voici dans la fange jusqu'au cou.

—Vous ne me croyez pas? répéta-t-elle avec accablement.

—Inventez autre chose, ou mieux n'inventez rien du tout. Votre paroxysme vous égare jusque dans le ridicule. Marcelin ne serait pas mon fils! Vous moquez-vous? Vous trouvez qu'il ne me ressemble pas? Vous êtes donc aveugle! Et la voix du sang, Madame, la voix du sang! Est-ce que je me sentirais son père, si je ne l'étais pas?

—Mon Dieu! mon Dieu! gémissait Pauline.

Et elle demeurait stupide devant son impuissance à établir la vérité. Elle ne possédait aucune preuve de ses relations avec M. de Hartwald. Tout avait été détruit. Il n'existait pas un mot de billet, pas une photographie, pas un signe, pas un document quelconque, rien, rien, rien, que sa parole à elle et cette ressemblance qu'elle était la seule à apercevoir.

Alors, folle, elle cria à son mari: