—Comme le vicomte et la vicomtesse doivent être ennuyés de cette aventure, émit la Sénéchale avec componction. M. de Rocrange s'est comporté...

—Oh! Madame, interrompit Mme Sermais, il a fait son métier d'homme. Il n'y a rien à lui reprocher. Pour Pauline, quelque pitié qu'on ait pour elle, il faut avouer qu'elle est coupable. Je dis coupable plus que malheureuse, car tout dans sa conduite prouve qu'elle a visé au scandale. Ne lui eût-il pas été facile, même en supposant le pire, de s'arranger à étouffer l'affaire, à éviter l'odieux d'un procès en divorce? Mais non, elle a été cassante, elle a rendu la conciliation impossible. Ce n'est point contre son mari qu'elle est partie en guerre, c'est contre la société, contre l'ordre, contre nous.

—Cela se pardonne moins aisément, dit Réderic.

—Et maintenant, demanda la baronne, que va-t-elle faire?

—Elle ne peut pas continuer à habiter Paris, dit Mme Sermais. Personne ne l'a revue, du reste. Pas même vous, chère madame? ajouta-t-elle en se tournant vers Julienne. Vous étiez pourtant de son intimité, je crois?

—Moi? pas du tout. Nous nous fréquentions seulement, ou plutôt elle me fréquentait. Ces derniers mois, je l'avais presque perdue de vue.

Une pendule se mit à sonner.

—Il devrait y avoir un coq sur cette pendule, dit Réderic.

Une rougeur fugitive passa sur le visage de Julienne. Elle reprit vivement sans paraître avoir remarqué l'interruption:

—Sénéchal, qui sait tout, m'a affirmé que Pauline était à Grasse. Aussitôt après l'éclat, elle se serait retirée chez sa tante, puis, quelques jours plus tard, serait partie pour le Midi. Je suppose qu'elle est revenue pour le procès, mais je ne saurais vous le dire au juste.