Le cœur de Pauline éclata.

—C'est un affreux malheur qui est arrivé! Tu ne sais pas, tu ne peux savoir... Que t'ont-ils dit? Comment as-tu cru que je t'abandonnais!... Que t'ont-ils dit? Que t'a-t-il dit, lui?... lui?...

—On n'a rien dit... J'ai vécu dans ce mystère... Ils ne disaient pas que tu étais morte... J'avais peur... Enfin, j'ai eu la lettre, ta lettre.

Elle t'a remis la lettre?

—Oui, avant-hier.

—Oh! je t'en ai écrit dix, vingt. Celle-ci date de plus d'un mois. C'est la dernière. Je désespérais. Je suis allée deux fois à Paris, j'ai tout fait. Un jour, je t'ai vu, à la sortie du lycée; et je t'ai vu à la promenade, je t'ai suivi: mais tu ne m'as pas vue... Marcelin, non, je ne t'ai pas abandonné! Et tu ne peux pas comprendre... Un jour, tu comprendras, j'ai écrit ma vie, pour toi. Lorsque tu seras en âge de savoir... et de douter, tu liras. Alors tu comprendras, et tu pardonneras.

—Maman!

Il l'embrassa d'une étreinte passionnée, et ajouta:

—Ne parle pas ainsi. La voix avec laquelle tu dis cela fait mal.