Deux cris:

—Maman!

—Mon enfant!

Ils étaient dans les bras l'un de l'autre.

Longtemps ils furent incapables de prononcer une parole suivie. La commotion était trop violente. Ils pleuraient, ils sanglotaient. Des mots palpitaient sur leurs lèvres. Pour tous deux, mais pour la mère surtout, cette ineffable rencontre était un baiser du ciel, un merveilleux étourdissement d'ivresse versé comme un miracle par le paradis.

—Toi ici! toi ici! put enfin exprimer Pauline, les yeux vibrants d'une joie délirante, pressant sur son sein l'enfant inattendu.

—Je suis venu... je me suis sauvé... Il me fallait toi!

—Tu ne m'as donc pas oublié! Mon enfant, mon enfant chéri! Par quelles souffrances j'ai dû passer: sans nouvelles de mon enfant! Mais si c'était pour me réserver le providentiel bonheur de cet instant, merci, Père céleste, Consolateur suprême, merci! Et ce n'est point un rêve! J'ai tant de fois rêvé à toi, que si mon rêve avait pu t'évoquer, tu serais déjà venu! Et c'est toi, toi vraiment, mon Marcelin, mon fils!

—O mère, pourquoi m'as-tu abandonné?