Le soir même, elle partit pour Paris avec son fils.
Elle allait le rendre à Facial.
Facial ne manifesta pas, à les voir, un étonnement extrême. Il reçut Pauline avec une dignité froide dont il ne se départit pas. Dans son accueil transparaissait plus le dépit que lui avait causé l'escapade de Marcelin, que la joie de retrouver son héritier.
—Je vous félicite, Madame, d'avoir compris votre devoir. Je ne vous en veux pas: je sais qu'il n'y a pas là de votre faute et qu'il vous a été impossible de monter l'esprit de mon fils et de combiner avec lui cette malheureuse frasque. Vous me le ramenez, c'est bien. La police venait d'ailleurs de recevoir des renseignements précis sur son départ par la gare de Lyon et sur son arrivée à Grasse; de là à conclure quel était le but de sa fuite, il n'y avait qu'un pas. Aujourd'hui même, on doit avoir fait une perquisition chez vous. Vous n'auriez pas bénéficié de cette petite aventure. Mais puisque vous me paraissez avoir acquis de sages idées sur la manière dont il convient que mon fils soit élevé, je vous témoignerai ma satisfaction en vous autorisant à le voir une fois par an. Ces entrevues auront lieu à Paris, dans ma maison et en ma présence.
Pauline se sentait glacée. De funestes pressentiments la terrorisaient. C'était bien la fin, le deuil.
Facial tira de sa poche un carnet à souche. Il inscrivit quelques mots sur la première feuille, la détacha et la tendit à Pauline en disant:
—Mon fils vous a occasionné quelques dépenses; je tiens à vous les régler.
C'était un chèque de mille francs.