—Et Marcelin?

La mère eut une seconde d'hésitation. Puis, elle prit la main de Julienne et supplia:

—Vous qui serez avec lui... oh! qu'il ne m'oublie pas!

—Je lui parlerai de vous, je l'ai déjà fait.

—Oui, je sais... merci...

—Je lui transmettrai vos lettres.

—Vous êtes bonne.

—Je suis meilleure que vous ne croyez.

Une sensation d'épouvantable fatalisme broyait l'âme de Pauline. Sa voix sortait difficile et monotone de sa gorge étranglée; ses yeux restaient secs.

Et le moment de la séparation ne fut pas déchirant comme elle l'eût pensé. Il semblait que le chemin de douleur étant achevé, un mur se dressât pour empêcher d'aller plus loin, un mur au pied duquel il n'y avait plus qu'à se laisser tomber d'épuisement. Pauline prit son enfant dans ses bras—pour la dernière fois—posa sur son front ses lèvres décolorées, sans dire un mot. Sa tête était un lieu vide, où tous les bruits résonnaient étrangement, et n'éveillaient pas d'écho.