—Pourquoi pas l'enfant-vampire?
Elle se dévêtait lentement, avec la grâce d'une almée.
Réderic buvait son corps, comme un alcoolique la liqueur néfaste qui le tue.
Un peu avant dix heures, la femme de chambre de Julienne entre-bâilla la porte, effarée.
—Madame, M. Sénéchal est ici. J'ai cru bien faire de prévenir madame. Il doit y avoir une erreur.
—Pas du tout. Faites entrer.
Les deux amants de Julienne se dévisagèrent. Ils venaient de comprendre. Sénéchal tremblait d'indignation; Réderic ricanait nerveusement.
—Messieurs, dit Julienne, il n'y a pas eu possibilité d'éviter cette rencontre. Heureusement qu'elle ne s'est point produite entre l'un de vous et mon mari. Mon honneur est sauvegardé.
En silence, Sénéchal et Réderic échangèrent leurs cartes. Qu'avaient-ils à se dire? Ils se connaissaient depuis longtemps. Depuis longtemps, chacun d'eux savait les relations de l'autre avec Julienne. Mais, pour la première fois, ils se trouvaient en présence, dans une situation qui les empêchait de feindre d'ignorer la vérité. Ils n'avaient plus qu'à s'exécuter proprement.
Le duel eut lieu le surlendemain. Le vrai motif fut, comme de juste, tenu secret. Il fallait, avant tout, couvrir Julienne.