Georges tenait toujours une des mains de Christine dans les siennes: Maïa soutenait sa tête échevelée et défaillante. Enfin elle revint à elle, essaya de sourire, et dit tout haut: Je suis mieux! pardon et merci!» Puis elle ajouta quelques mots tout bas et murmurés à l'oreille de son amie.
Le baron, avec cette merveilleuse délicatesse qui semble donner un sens de plus à certaines natures, comprit que la comtesse désirait rester seule avec M. de Simiane, et, si avare qu'il fût de ses dernières minutes, comme s'il eût été jaloux de s'oublier et de se sacrifier jusqu'au bout, il sortit sur la pointe du pied.
«Va le remercier,» dit Christine en serrant la main de Maïa.
Celle-ci rejoignit le baron; Georges et la comtesse restèrent seuls. Georges avait posé ses lèvres sur les mains de Christine; il les mouillait de ses larmes.
Ce fut elle la première qui retrouva la parole.
«Georges, lui dit-elle, j'ai manqué de courage; je n'ai pas pu mourir sans vous revoir.»
Il la regarda d'un air égaré.
«O Christine! pardonnez-moi!
—Pauvre cher! que veux-tu que je te pardonne? tu t'es trompé de chemin; mais ce n'est pas ta faute. Tu es allé où tu croyais le bonheur. Qui donc n'eût pas fait comme toi?
—Christine, soyez bonne, ne m'accablez pas.... Je vous jure....