«Plus en ce monde!» lui dit Maïa en s'agenouillant devant son amie, dont elle ferma les yeux avec ses lèvres.
La plus aimante et la plus douce des créatures avait quitté la terre pour toujours.
Georges écarta brusquement Mme de Bjorn et reprit les deux mains de Christine: tantôt il la regardait tendrement, tantôt il promenait autour de lui des yeux égarés; des sanglots étouffés brisaient sa poitrine, puis il retombait dans un muet désespoir.
Maïa et le baron voulurent l'arracher à cette contemplation funeste; et comme il leur résistait:
«C'est maintenant, fit M. de Vendel, qu'il vous faut du courage!
—Je n'en ai pas! dit Georges; il y a des choses qu'on ne peut point supporter.
—Et moi donc, reprit le baron, comment fais-je depuis un an?»
Georges ne répondit rien et se laissa emmener.
Le lendemain, il revint à Haga, avec le baron, pour rendre à Christine les suprêmes devoirs. Tous deux accompagnèrent jusqu'à sa dernière demeure les restes de la comtesse, qui alla dormir avec ses pères dans la chapelle funèbre des Oxen-Stjerna.
«Nous l'avons trop aimée, pour ne pas nous aimer en souvenir d'elle!» dit le major sur la tombe où l'on venait de sceller leur amour unique à tous deux.