—Attendez, pour rêver, que vous soyez seul.»

Il ne répondit pas.

«Que ce vieux manoir est beau!» dit Christine, comme effrayée de ce silence. Et elle montra de la main les tourelles du château de Brahé tout inondées des feux du soir.

«Oui, fit Georges en regardant sans voir, d'autant plus beau pour moi qu'il est lié maintenant à mes plus chers souvenirs.»

Un pli léger fronça le beau front de Christine; elle parut contrariée de l'insistance avec laquelle il ramenait la conversation sur eux-mêmes.

Il s'en aperçut.

«Pardonnez-moi, lui dit-il; mais je sens que ce moment sera peut-être unique dans ma vie.... Qui sait si jamais je retrouverai ainsi l'occasion favorable et l'heure propice.... qui sait si je vous reverrai jamais?...»

Christine eut un geste de naïf effroi.

«Si je vous reverrai jamais seule, continua-t-il, et, comme aujourd'hui, l'âme douce et clémente!»

Elle le regarda sans rien dire, comme heureuse de l'entendre parler, et parler ainsi.