«Depuis que je vous ai vue, reprit Georges.... oh! si peu! et pour sitôt vous perdre!... j'ai un secret là.... dans le cœur.
—De grâce, ne me le dites pas!»
Un nuage passa sur les yeux de Georges; ses émotions étaient soudaines et brusques, Christine craignit de l'avoir blessé.
—Ah! reprit Georges, vous le savez donc, puisqu'il vous déplaît de l'entendre?
—Déplaire! dit Christine, vous ne le croyez pas.
—Oh! merci! reprit-il à son tour, merci du fond de l'âme. Les autres savent combien vous êtes belle.... moi seul, à présent, je devine combien vous êtes bonne.
—Ne m'en faites donc jamais repentir!» dit Christine avec un sourire pâle, en lui abandonnant sa main.
Georges la regarda: son visage était comme transfiguré, sa joue s'animait d'une vive rougeur, comme si elle eût reflété la pourpre posée de ces aurores boréales qui se lèvent sur la neige de son pays; son œil était limpide comme l'eau du beau lac qu'ils traversaient; la vie respirait sur sa bouche, et l'on voyait que son âme s'épanouissait dans le bonheur, comme une fleur sous le soleil.
Georges éprouva une folle envie de se jeter à ses pieds, de la serrer dans ses bras et de jurer sur ses lèvres tous les serments de l'amour.