Un matin, ils déjeunaient tous trois; Christine, qui remarquait sa tristesse, lui tendit la main par-dessus la table.
«Mon ami, lui dit-elle, j'ai une grâce à vous demander.
—Parlez, chère Christine, vous savez qu'elle est accordée d'avance. Il me semble qu'en me la demandant c'est à moi que vous la faites.
—Vois comme il est bon! dit-elle en se retournant vers Maïa.
—Oui, dit Maïa, je sais que c'est le roi des hommes; mon cher baron ne vient qu'après.
—Eh bien, mon ami, reprit Christine en lui jetant un regard qui eût attendri un tigre, il faut que vous me pardonniez le mal que je vais vous faire.»
Une vive émotion se peignit sur les traits du major, mais il ne répondit rien.
«Que veux-tu dire? demanda Maïa non moins inquiète.
—Mes amis, reprit Christine, je ne suis pas bien; depuis quelque temps je souffre.
—Je le vois bien, dit le baron.